Afin de continuer dans une série d’articles « Autour du livre » qui me tiens particulièrement à cœur, et que j’avais initiée avec « être lecteur et blogueur », voici un autre sujet sur lequel j’avoue avoir beaucoup de mal à me positionner : faut-il/doit-on rencontrer les auteurs ?

Lorsque vous faites partie de la blogosphère livresque et/ou de booktube, il semblerait la majorité veuille que l’évidente réponse soit un grand OUI ! Mais, je m’interroge tout de même sur de nombreux points et malgré les années, je n’arrive toujours pas trop à savoir. Voyons si après cet article j’y verrai plus clair.

Pour vous aider un peu plus à comprendre ma vision des choses, je voulais aussi préciser certains points. Au-delà du fait que j’ai une fâcheuse tendance à l’introversion, je suis surtout une personne qui a ce que l’on appelle une « anxiété généralisée » (dixit divers personnes du corps médical) avec une forte tendance à la crise d’angoisse/attaque de panique. Et que sans être agoraphobe, la foule est une source de stress intense. On ne parlera pas de la peur de l’inconnu et du manque de repère… mais quand même ça n’aide pas non plus.

Et, avant de développer la suite, promis après je m’y mets, je précise également que je n’ai jamais rencontré physiquement d’auteurs. Enfin si, un… mais lui ça ne compte pas puisque je le connaissais déjà personnellement avant même qu’il n’écrive – quoique ce n’est pas tout à fait vrai puisqu’il avait déjà publié un roman mais il y a trèèèès longtemps, bref, vous m’avez comprise – ou pas.

Alors il est vrai que lorsque je parle de rencontre avec les auteurs, je pense irrémédiablement à tous les salons littéraires (alerte angoisse, panique, au secours !!!), ou autres événements organisés le plus souvent par les maisons d’éditions. Après, je sais qu’il existe des rencontres plus “intimistes”, soit en tout petit comité, soit dans de petites librairie. D’où le fait, que je n’arrive pas à me faire un avis tranché sur la question. Dans ma tête, les salons et autres gros événements c’est plus pour contenter les “fans”, et les rendez-vous plus intimistes pour les curieux et/ou les “initiés”.

En terme d’oppositions, je vois une grande différence entre aller à la rencontre d’un auteur que l’on “connaît” et un auteur que l’on “ne connaît pas”.
Aller voir un auteur que l’on “connaît”, c’est avoir l’opportunité d’échanger sur les livres que l’on a déjà lu de lui, parler de ses projets… Alors que rencontrer un auteur que l’on “ne connaît pas”, aurait plus une dimension de curiosité, découvrir une nouvelle plume, un nouvel univers…

Mais, en toute sincérité, qu’attendez-vous de cette rencontre ? Mettons de côté le selfie et la dédicace – dont je ne vois pas l’intérêt sauf éventuellement s’il ”marque” l’échange que vous avez pu avoir. Vous attendez-vous un créer un lien avec l’auteur ?

Et si ces rencontres étaient aussi l’occasion de démystifier l’image que l’on a pu s’être faite de cet auteur ? Après tout, aussi doué soit-il, il n’en est pas moins un être humain. Imaginez, celui (ou celle) que vous appréciez tant par sa plume, peut-être même par ses incursions médiatiques ou lors d’échanges sur les réseaux sociaux, s’avère être un sombre crétin ou une vraie pimbêche…

Peut-être est-ce également un moyen de manifester son soutien. Maintenant est-ce qu’acheter ses livres, partager votre avis, conseiller à d’autres de le lire, n’est pas un moyen plus efficace de soutien ?

Au final, aller à la rencontre d’un auteur, le fait-on pour lui ou pour soi ?

Et moi, où est-ce que je me place dans tout ceci ?
Vous vous en doutez peut-être, je suis assez réfractaire à la rencontre avec des auteurs, même si je suis parfois tentée. Mais du coup, qu’est-ce que j’en pense vraiment ?
Sans avoir, la casquette « fan-girl », je crois que c’est l’idée de cette confrontation entre l’image que je me fais d’un auteur que j’apprécie et ce qu’il est vraiment qui me bloque à la rencontre (ça et mon anxiété tout ça tout ça). Loin de moi l’idée d’idéaliser les auteurs, il n’empêche qu’au fil de ma lecture, je les imagine dans leur travail d’écriture, de recherches. Cette image, c’est la mienne, celle que j’aime même si elle est fausse. Pour moi un auteur écrit un livre et ensuite il vous offre son histoire, ses personnages. C’est un cadeau précieux que j’aime apprivoiser égoïstement, me l’accaparer. Si je devais en parler à son auteur, j’aurais l’impression de rendre des comptes sur ce que j’ai perçu et ressenti. A ce jour, le plus « loin » où je sois allée (à part mes chroniques mais je doute qu’elles soient lues par les auteurs concernés à part une ou deux fois), c’est un petit message pour remercier l’auteur (le plus souvent lancé à l’aveugle sur les réseaux sociaux ou un message sur un site officiel).

En fait, je crois que je suis une lectrice égoïste et sauvage.

(© Crédit photo Pixabay)

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