* Vénus & Hottentote – Carole Sandrel

* Vénus & Hottentote – Carole Sandrel

Éditions : Perrin | Parution : 10/03/2010 | 168 pages | Acheter : ici

∴ Résumé ∴

A l’aube des années 80, on pouvait encore « admirer » au Musée de l’homme à Paris en France le moulage et le squelette de la « Vénus hottentote » dont l’étonnant physique fit déplacer les foules au début du XIXe siècle. Retour sur une histoire dramatique.

Qu’avait-elle de si particulier, Sarah Bartman, femme khoi d’Afrique du Sud, pour qu’au début du XIXe siècle, on l’exhibe comme un animal dressé, dans les foires et au Muséum, devant les badauds d’Angleterre et de France ?
Il ne s’agissait pas seulement de l’attraction de ses fesses aux dimensions exceptionnellement généreuses, prodige de la nature aux yeux des savants et bateleurs, mais de particularités intimes qu’elle se refusa à dévoiler jusqu’à sa mort. Alors seulement l’éminent Georges Cuvier, père de la paléontologie, put les examiner, après prélèvements, et sans états d’âmes, comme en témoigne son rapport d’autopsie qui, pendant longtemps, ne choqua personne. Sarah Bartman était esclave, son fessier extraordinaire devait inspirer ce commentaire à un contemporain : « Elle était stéatopyge jusqu’à la faute… ».
C’est le destin terrible de cette femme, surnommée la « Vénus Hottentote » et dont les « restes », presque deux cents ans plus tard, sont revenus en majesté dans son pays natal, l’Afrique du Sud, que Carole Sandrel restitue ici dans un récit bouleversant.

∴ Mon avis ∴

Carole Sandrel nous dresse le portrait d’une femme réduite à l’esclavage par exhibition. Cette femme, c’est Sarah Bartman, une Khoi d’Afrique qui a le «malheur» d’avoir des attributs féminins trop prononcés pour l’époque ou plutôt pour le monde occidental «civilisé» qui fait d’elle une bête de foire.

Le parcours d’une femme déshumanisée par la bêtise et l’ignorance de son époque. Les rapports et autres «constations» des scientifiques du XIXe siècle aboutissent aux mêmes conclusions : Sarah – appelée Vénus Hottentote – n’est pas un être humain, mais un croisement entre un maillon manquant de la race humaine et un singe.

Avec les connaissances actuelles, il ne fait aucun doute qu’elle souffrait tout simplement d’une voir plusieurs maladies mais qui ne la rendait pas moins femme.

Au fil des pages, on oscille entre du dégout et de la méprise envers ces scientifiques bornés qui ne voient qu’un cas quasi animalier à étudier et de la compassion pour cette femme qui souffrira, jusqu’à la fin de ces jours qui ne seront pas bien longs, de l’imbécilité et l’ignorance des gens.

Un très beau livre, qui ouvre les yeux sur la souffrance humaine lorsqu’elle est confrontée à l’ignorance.

∴ Morceaux choisis ∴

« Sarah Bartman réduite à un sexe. Et à un sexe scientifiquement estampillé anormal, voire bestial, signe d’un degré d’humanité plus que sommaire. »

∴ Livre reçu en partenariat ∴

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