Max – Sarah Cohen-Scali

Max – Sarah Cohen-Scali

Éditions : Gallimard Jeunesse | Parution : 31/05/2012 | 480 pages | Acheter : ici

∴ Résumé ∴

« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler! ».

Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

∴ Mon avis ∴

Une lecture qui a pris son temps, tout autant que cette chronique à venir. Le résumé, la couverture, le sujet traité… Tout ceci ne laisse pas indifférent, ne laisse pas indemne. Une impression étrange, à la fois de curiosité/fascination et la sensation d’être dans une position de voyeurisme dérangeante.

Je voudrais en premier lieu revenir sur un point qui n’a cessé de me « hanter » durant toute ma lecture : le fait que ce livre soit ciblé « jeunesse ». La lecture est bien suffisamment dure et perturbante pour un adulte, alors pour un enfant… Je ne suis pas persuadée que ce soit une bonne chose. Même si je ne fais pas partie de ces personnes qui pensent qu’il faille cacher des choses aux plus jeunes pour les protéger. Ici, j’ai comme un doute…

Mais pour en revenir à cette histoire, dès les premières lignes, le récit est détourant. Un bébé vous parle, avant même sa naissance, il vous raconte tout, il a déjà sa propre façon de penser et de voir les choses. Dès les premières lignes, il a la dureté du discours nazi, sauf que pour lui c’est logique, c’est la normalité, c’est ainsi que le monde doit tourner.
On tourne les pages avec appréhension, mais jusqu’où cette doctrine va embarquer ce tout petit être qui pour le coup n’est pas si « innocent » que cela ? Et puis, au fil de l’histoire, on comprend (sans forcément accepter) sa façon de penser et d’agir.
Plus « Max » grandi, plus son raisonnement s’altère, et si ce qu’on lui a asséné depuis toujours n’était pas si « normal », si « logique » ? La rigidité de son esprit va être mise à mal par sa rencontre avec Lukas.

Difficile d’en dire plus sans risquer de vous spoiler. Ce livre, cette histoire a une vraie richesse émotionnelle et psychologique. Oui c’est dérangeant, mais c’est un mal nécessaire pour prendre conscience de ce qui s’est passé. Mais aussi et surtout (du moins c’est ainsi que je l’ai vu) pour comprendre à quel point la force d’un endoctrinement peut imprégner un être, même si sa conscience reprendra toujours le dessus… mais parfois trop tard…

Rendez-vous sur Hellocoton !

3 réactions au sujet de « Max – Sarah Cohen-Scali »

  1. C’est vrai que la lecture de ce livre est « rude »… mais tout dépend aussi de la maturité de l’enfant entre les mains de qui on met ce livre, je pense :) Ce livre est un grand coup de cœur pour moi, je l’ai trouvé très prégnant.

    1. Tout à fait, cela dépend de la maturité de l’enfant, c’est un très « beau » livre mais pas adapté pour tous. Même s’il est très important.

  2. Une lecture qui marque et qui a été un gros coup de coeur pour moi. Je suis d’accord avec toi pour le côté dérangeant, et c’est pour ça qu’il plaît autant je pense.
    Un livre qui mérite qu’on parle de lui !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *