Les Âmes grises – Philippe Claudel

Les Âmes grises – Philippe Claudel

Éditions : Livre de Poche | Parution : 2006 | 286 pages | Acheter : ici

∴ Résumé ∴

« Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s’étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu’ils soufflaient l’air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, des oies balourdes traçaient des cercles. Elles semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s’effilocher. On n’entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé.
« C’est peut-être enfin la paix… hasarda Grosspeil.
– La paix mon os !» lui lança son collègue qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette. »

∴ Mon avis ∴

Dès les premières pages, Philippe Claudel nous plonge dans l’atmosphère lourde d’un village à la lisière du Front, celui de 14-18. Un paysage morne du aux fumées de l’Usine, symbole de la toute récente révolution industrielle, mais aussi la brume lointaine des combats et les journées rythmées par les détonations résonnant des lignes d’affrontements. Les hommes tombent dans la boue sous les bombes, attendant la mort, agonisant sur les barbelés comme de jeunes garçonnets apeurés.
Cependant, c’est sur le corps sans vie d’une fillette, la petite « Belle de jour », que le narrateur s’attarde. L’enfant sera le fil conducteur de l’histoire.

Le narrateur a une place tout particulière, il est là, présent au cœur de l’histoire, acteur de ce drame qu’est la vie, mais on ne sait qui il est réellement, quel personnage est-il vis à vis des autres dans ce tableau si sombre. Ce mystérieux protagoniste, nous mène d’un bout à l’autre de cette enquête qui s’avère être, évidement de découvrir l’assassin de la fillette mais aussi le sens des Choses et en particulier la mort des êtres chers.

Avant d’arriver au dénouement final, et de comprendre que le conteur ne s’adresse pas au lecteur mais à une toute autre personne, on apprend la fin de chacun des intervenants, aucune destinée n’est laissée en suspend. Une vraie fin est offerte à tous.

Contrairement à ce que l’on peut penser aux premières pages, ce n’est pas un roman noir, mais gris, comme les âmes qu’il dépeint.

∴ Livre reçu en partenariat ∴

Rendez-vous sur Hellocoton !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *